Il y a quelque chose qui me bouleverse dans le geste de prier avec les mains.
Le dizainier n’est pas un bijou comme les autres. C’est un objet de passage, entre les doigts, entre les silences, entre soi et quelque chose de plus grand que soi.
Quand je façonne un dizainier, je pense à Marie. À sa douceur inébranlable, sa capacité à porter sans jamais se briser. Je pense aussi à Marie-Madeleine, celle qu’on a longtemps réduite à ses fautes, et qui était pourtant la première à reconnaître la résurrection. Une femme de fidélité, de larmes, et de vérité.
Ces deux figures me parlent profondément, parce qu’elles racontent une même chose : qu’on peut être à la fois fragile et fondamentalement fidèle.
Créer un dizainier, c’est essayer de mettre cette fidélité dans la matière. Chaque pierre, chaque perle égrenée devient une respiration, un Avé, un instant de présence — pas une formule récitée, mais un retour à soi, vers ce qui dépasse le quotidien.
Je ne crée pas ces pièces pour décorer. Je les crée pour accompagner ceux qui, comme moi, ont besoin de toucher quelque chose pour mieux prier.